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Les mines de plomb de Vedrin



La première veine de plomb de Vedrin fut découverte en 1612, dans la propriété du nommé Daihe, située au delà de la Monzée, par des maîtres de forges exploitant sur place le minerai de fer d’alluvion.

La découverte de ces gisements suscita la naissance d’exploitations rivales. Pour mettre fin aux conflits entre les différents exploitants qui se disputaient les veines et aux difficultés qui en résultaient pour leurs ouvriers, le duc d’Arenberg, Anne Ruplémont et Jean Moniot formèrent, le 7 octobre 1633, une association générale et irrévocable, confirmée par l’octroi du 14 suivant, pour l’exploitation des veines de plomb découvertes et à découvrir sur le territoire de Vedrin, Frizet, Saint-Marc, Cognelée, Daussoulx, Emines, Bouge et Gelbressée. L’État recevrait, à titre de redevance, le dixième du plomb récolté.

Les mineurs Jean et Gilles Fastré, qui avaient découvert la veine de Vedrin en 1612, avec les maîtres de forge Jean Moniot et son beau-père Jean Pasquet, possédaient une “moitié part” dans celle-ci. Le 7 mai 1612, les deux ouvriers mineurs cèdent à Moniot et à Pasquet leur “moitié part” du plomb à tirer et s’engagent à travailler pour eux contre paiement de 60 florins les 2000 livres de plomb extraites. Ils promettent sous serment de servir leurs patrons tant dans l’exploitation de la veine de Vedrin que des nouvelles veines qu’ils découvriraient à l’avenir.

Selon le contrat, conclu le 8 octobre 1633, entre les associés de Vedrin et leurs mineurs, ceux-ci et leurs veuves recevaient le quart des mines de plomb extraites. Un acte additionnel en étendit également la jouissance à leurs enfants. Ce quart était payé à l’avenant de 60 florins du mille de plomb fondu. Les associés étaient tenus de soumettre leurs comptes au représentant des cinq maîtres mineurs ou de leurs héritiers.

Comme en témoigne un acte du 30 avril 1644, en cas de décès d’un des cinq mineurs, les survivants et les héritiers du défunt désignaient son remplaçant, éventuellement un des fils du défunt.

De même, le 14 mai 1644, les cinq maîtres mineurs autorisent Noël Lallemand à travailler dans les ouvrages, à condition qu’il prenne à sa charge la cinquième partie des avalages des fosses abondantes en minerai de plomb. Il ne participerait au profit du triage du plomb que lorsqu’il serait devenu maître ouvrier.

(source: archives des mines de Vedrin et de Marche-les-Dames, Annales de la société archéologique de Namur asbl, tome 42 , 1936-1937, pages 68-73, Archives de l’État à Namur.)